Orage d’automne
Dans le ciel serein un nuage va voguant,
Bien frêle esquif pour un ange égaré.
Dans le lointain, un autre bientôt paraît,
Qui semble plus dodu, plus fringuant.
Tandis que s’écoule le flot capricieux
Du temps en ce dimanche d’automne,
C’est par centaines qu’ils moutonnent
Tout là haut, sous la voûte des cieux.
Ils s’enflent comme crapauds ambitieux,
Se teintent de tristes couleurs funèbres,
Annonçant bien fort des heures de ténèbres.
Une ride barre mon front soucieux.
Puis Balder intervient fournissant l’éclairage,
Roule le tonnerre comme une cavalcade,
Horde de Walkyries chevauchant à l’estocade
Contre le vent qui souffle avec rage.
Dans les éléments déchaînés je vois qui ploient
Ces pauvres arbres dont je prends tant soin
Ils ne sont que les impuissants témoins
Des forces aveugles que la nature déploie.
Enfin décroît l’orage, les pluies se tarissent
La nuit factice fait place au soleil qui brille
L’oiseau rassuré lance une timide trille,
Qui semble rompre le terrible maléfice.
Debout sur la terrasse, en regardant le firmament
Je prends conscience de mon statut d’humain.
Un grain de poussière que peut balayer demain
N’importe lequel des quatre éléments.
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