Comme un ongle sur un tableau noir
La haine crisse sur mon âme.
Quand la foule imbécile agite ses lames,
Mon cœur broie du noir.
Quand par vice on frappe un enfant,
L’envie de tuer me fait serrer les dents.
Quand au ciel on sacrifie des vies,
Je renie mon humanité.
Quand on tue juste par ce qu’on en a envie,
Je pleure sur cette insanité.
Quand par plaisir tu violentes une femme,
J’ai envie te jeter aux flammes.
Mais quand je vois une main tendue
A celui qui souffre, celui qui n’a rien,
Quand je vois s’afficher un sourire éperdu,
Alors là, enfin, je me sens bien.
Quand tu bises le genou de l’enfant pour le guérir
J’ai soudain envie de te chérir
Quand l’amour est offert sans exigence
Que le coeur à l’autre est ouvert
Quand la bonté prend enfin la régence
Je redeviens le bon trouvère.
Quand un sourire se porte au dessus des barrières,
De la noirceur se libèrent mes vers.