Une clairière au milieu des arbres,
Brume légère trouée de rais de soleil,
Je me dresse les yeux pleins de sommeil
Entre les immenses et droits candélabres.
Les fougères doucement bruissent
Sous le souffle léger d’un vent mutin.
Une abeille s’envole avec son butin.
Je m’allonge, les mains sur les cuisses.
Soudain s’avance en silence,
Sans même déranger les nuées,
Une ombre spectrale embrumée
Qui esquisse les pas d’une étrange danse.
Perdant de sa transparence,
Elle s’approche de moi en souriant
Comme si j’étais l’un de ses soupirants.
Peu à peu elle prend consistance.
Je reste pétrifié, entre désir et peur,
Tandis qu’elle se penche doucement
Et sur les lèvres m’embrasse tendrement
Laissant sur elles un goût de liqueur.
Je sens sous mes doigts le satin
De sa blanche robe éthérée.
Je l’entends et la sens respirer.
Elle est si belle malgré son pâle teint.
Ses mains parcourent mon corps,.
Je les sens sous mes habits s’insinuer
Autour de nous s’épaississent les nuées
Tandis que s’estompe et se fond le décor.
Après de longs et vigoureux ébats
Contre son épaule, je m’endors…
Je me réveille au milieu des ors,
Il est tard, le soleil est bas.
Je suis seul, ai-je rêvé tout cela ?
Pourquoi en ce cas suis-je nu ?
Est-ce une fée qui à moi serait venue ?
Et qui assouvie m’aurait laissé là ?
En conclusion de cette journée plaisante
Où j’ai fait cette rencontre câline
Je rebrousse chemin dans le soleil qui décline
La forêt soudain me paraît menaçante…