Dans la nuit sur la route au loin je roule
Dans la lueur de mes feux qui trouent l’ombre
Comme de grands fantômes, des goules
Semblent m’attaquer des formes sombres
Le ruban d’asphalte se déroule en saccades
Découpé par les essuie-glaces qui dansent
La pluie d’orage tombe des nues en cascade
L’obscurité soudain se fait plus dense
Au loin d’autres phares éclairent la route
Sur mon pare-brise s’éclairent des diamants
Qui glissent sur le verre, puis partent en déroute
Quand le balai d’un coup nerveux les chasse
Le véhicule me croise et s’enfuit derrière
Les joyaux clairs deviennent perles de suie
Enfermé dans cette voiture qui fend l’air
Je me demande par instant où je suis
Mes pensées en dérives dans mon imaginaire
Ont accaparé mon attention quelques instants
Mais mon corps habitué, en bon mercenaire
Prend seul le volant pour quelque temps
Quand je réintègre enfin mon petit siège
Il me faut quelques instants pour me repérer
Flottant sur la route comme un bouchon de liège
Ames damnée des chemins, un rien désemparée
Vers ton cœur je roule comme un drogué
Mon amour me pousse dans les lacets
Entre nos deux cœurs la route est un gué
Me rapproche de toi chaque seconde passée