Yèvre le Châtel

Yèvre le Châtel

 

Il existe, à côté de chez moi, un beau village.

Un lieu où le temps se prend lui-même et ose,

Pour quelques générations, faire une pause,

 Reléguant dans son oubli l’humain assemblage.

 

Des ruelles tortueuses toutes ornées de fleurs,

Qu’enserrent des murailles, enrichies de fougères,

Cachant de nos yeux les secrets qui se terrent

Derrière les pierres, qu’ils soient rires ou pleurs.

 

Le soleil se joue des ombres et une indicible joie

Imprègne les visiteurs éblouis par tant de beauté.

Le regard se perd, esbaudit par tant de portée

Et nous restons là, les bras ballants, sans voix.

 

Mais quand Apollon sur son char se retire,

L’atmosphère change et le cœur frémit..

Dans les rues désertées où l’âme gémit

On s’attend à tout moment à percevoir le pire.

 

Le zéphyr qui, aux femmes ce matin,

Soulevait les jupes faisant rosir leur teint

Semble fuir la muraille où son chant s’éteint.

Le voici devenu fuyard, le petit plaisantin.

 

Le château redevient pour la nuit

Le maître du lieu, qu’il protège et effraie.

Tandis que ricoche le cri de l’effraie

Sur la muraille opaque où rien ne luit.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site