Walkyries

 

Dans le ciel d’agate roulent les nuages plombés.

S’allonge et s’étale l’ombre du blanc cormoran

Sur la poussière où repose mon corps mourant.

Déjà le fiel se gâte depuis que j’ai succombé.

 

Les fières walkyries sont venues me jauger.

Elles inspectent mon âme de guerrier fatigué,

A-t-elle assez de valeur pour traverser le gué ?

De l’incertitude je suis bientôt à l’apogée.

 

Mais oui, soudain, l’une se penche vers moi

Dévoilant dans le geste sa dure poitrine.

Son regard est d’acier, mais un sourire l’illumine.

Malgré mon cœur muet je ressens de l’émoi.

 

Sa bouche sur la mienne vient s’écraser,

Je sens la chaleur de son âme s’infiltrer

Tandis que la mienne veut se concentrer,

Dans ce corps glacé elle est embrasée.

 

Bientôt la déchirure, mon esprit quitte l’enveloppe.

Je suis dans le vaisseau ne sachant ou je vais.

Pourquoi pour connaître ceci faut-il crever,

Attendre que son cœur batte l’ultime syncope ?

 

Soudain la lumière, je suis sur l’autre rive.

Un me montre du doigt avec un sourire qui me glace.

Il me dit, « Viens donc, tu n’es pas à ta place ! »

Je me réveille alors tremblant, où voulait-il que je le suive ?

 

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