Vivants aujourd'hui

Vivants aujourd’hui, bien morts demain
Que nous importe si le monde court à sa fin
Rien à faire si la vie peu à peu perd du terrain
Puisque nous connaissons l’issue du destin.

 

Amour d’un jour, amour toujours on s’en fiche
Juste s’abrutir dans la torpeur salutaire
Qui suit le labour de ton corps en friche
Bref moment de bonheur où en toi je me perds.

 

Pas de question, pas de mystère, c’est l’enfer
Juste goûter l’ivresse de la vie, le flash d’être
Puis au moment où on finit par s’y faire
Au jardin des morts on se fait envoyer paître.

 

Que faire ? Pourquoi courir, pourquoi tenir ?
Puisqu’à la fin rien ne nous appartient
Arrivé sans un, juste un cri pour nous vêtir
Nous repartons en silence sans plus de moyens.

 

Seuls restent les larmes pour les chanceux
Ceux qui ont creusé leur trou, offert leur cœur.
Notables ou gueux, besogneux ou paresseux,
Honte à ceux qui ont chéri de l’or la valeur.

 

Ceux qui ont sacrifié pour du métal froid
La vie d’autres souvent meilleurs qu’eux
Ceux qui ont offert à la mort un buffet froid
Âmes par trop pourries, infects maîtres queux

 

Moi qui ne fais que passer, frêle étincelle
Je n’aurais eu que l’amour comme richesse
Avec ma douce muse, ma tendre gazelle
Par lots de baisers enrobés de caresses.

 

Et quand elle viendra frapper à ma porte
Dressée dans sa noire robe de nuit
C’est sans peur que j’accepterai son escorte
Puis, tout doucement je refermerai l’huis

 

Alors, tout seul dans ma cabane en chêne
Les yeux clos sur mes beaux souvenirs
Arrivé à cet étrange port où tout nous mène
Je saurai que jamais je ne pourrai en revenir.

 

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