Souvenirs II...

 

  
Je vous ai tant aimés, mes rêves dorés,
Vous qui avez doucement bercé ma jeunesse
Apportant, à mes yeux, tant de promesses.
Beaux arbres cachant le reste de la forêt.


Que de joies vous m’avez offert sans compter,
M’épargnant ainsi bon nombres de larmes,
Faisant taire à mes oreilles les cris d’alarmes
Et chevaucher ce bonheur que j’ai cru dompter.


 Aujourd’hui pourtant, je vous sens moins forts.
A travers les brumes, voici que j’aperçois
Des écharpes rougeoyantes qui n’ont rien de soie.
Malgré votre présence, je n’ai plus de réconfort.


Autour de moi, dans un tourbillon de violence,
L’humanité se déchire, se viole et se parjure.
Je ne serais jamais humain, je vous le jure !
C’est le cri que, dans la nuit fumante, je lance.


A mes yeux, en force, aujourd’hui l’eau s’écoule
Quand je vois, retransmises, les sinistres visions
Venues de contrées où se perdent les illusions.
Pierre après pierre, tout l’édifice s’écroule.


Moi qui sait qu’on ne mesure la sagesse
A la grosseur ou la longueur de son plectre,
J’invite à revenir les infortunés spectres
Morts pour, de leurs chefs, accroître les richesses.


Que cette intangible armée fasse, une dernière fois,
Un baroud d’horreur pour tant de déshonneur.
Tissez vos pavois, Elle est venue votre heure !
Balayez ces vivants aveuglés par leur foi.

 
Quand retomberont les poussières de l’Homme
Sur la terre mouillée et rougie de son sang.
Deux corps, à la nuit, iront s’enlaçant
Pour partager dans l’amour un éternel somme.


Dans ces bras tant aimés, ceux de ma Muse,
Je retrouverai de mes rêves la douce saveur.
Viendra une lueur de gaîté, puisque vaincue la peur
A mes yeux fatigués que plus rien n’amuse.

 

 

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