Père, mon père III


Père, mon père, ils sont venus me chercher
Ils m’ont dit qu’il me faut porter une arme
Aller en terre sainte pour le salut de mon âme
Que refuser ou résister serait un péché.

Fils mon fils, ils ont du divin la toute puissance
La noblesse devant eux plie bien bas le genou
Et ils n’ont que faire de manants comme nous.
Tu ne pourrais rien contre cette engeance.

Père, mon père, me faut-il suivre leur voie ?
Ne puis-je décider ce que sera ma vie,
Trouver une activité qui me fasse envie
Sans avoir à me justifier ou élever la voix ?

Fils, mon fils, ils ne te laisseront pas faire
Eux qui croient détenir l’ultime vérité
Fiers de leur bêtise et de leur cécité.
Ils t’obligeront sous la menace de l’enfer.

Père mon père, puisqu’il me faut vous quitter
Pour aller tuer des gueux que je ne connais pas
Je vous prie d’excuser mon éventuel trépas
Car de ma dette envers vous je ne pourrais m’acquitter

Fils mon fils, si tu devais mourir dans cette croisade
J’irais de mes mains occire ces fichus prêtres
Qui ne sont à l’humanité que des traîtres
Obsédés par leurs sanglantes aubades.

Un jour pourtant sera percé à jour le mensonge
Tous sauront que de Dieu ils n’ont mandat
Et que le sang a coulé, pour cette bande de fadas,
Absorbé par la terre comme une avide éponge.

Merci de m’avoir décillé, père, mon père,
C’est sur mon engagement qu’ils mettront une croix
Car Dieu, Lui nous laisse bien le choix.
Et semer la mort ressort plus de ses affaires.

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