Ma cabane en chêne

 

Quelle est cette ride sur mon front ?

Ma peau, jadis fraîche et tendue,

Paie au temps qui passe son dû

Sensible à la douleur de l’affront.

 

Ma joue, peu à peu, se transforme

En terre désertique, en sol craquelé.

Elle perd sa douce pâleur de lait

Sur ce crâne qui se déforme.

 

Dans une averse de copeaux

J’imagine la dure morsure de l’acier,

Dans ce bois qui se fait scier.

Posant sur le sol un floconneux dépôt,

 

Assemblant avec quelques planches

Ma future cabane, mon prochain chez-moi,

L’artisan du malheur, insouciant de mon émoi,

Balaie de la main la poussiéreuse avalanche

 

Quand je serais fâché d’avec la vie

Que le cœur lourd, l’âme en peine

Il me faudra me libérer de mes chaînes

Je m’allongerais dans ce chêne sans envie

 

Que m’importerons alors les richesses ?

Que ferais-je de ma notoriété ?

Que m’apportera votre pitié ?

Alors qu’avec la mort, c’est l’amour qui cesse.

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