Les rois

Père, mon père, expliquez-moi ce mystère.
Pourquoi doit-on se prosterner devant les rois ?
Pour quelle raison le fait-on et de  quel droit ?
Pourquoi ont-t-ils autant de privilèges mon père ?

 

Fils, mon fils, cela vient de leur descendance divine
Ces gens ont pour eux le poids de leur lignée
Croyant approcher Dieu chacun devant eux vient se signer
Et celui qui résiste goûte sans tarder à la badine.

 

Père, mon père, vous vous moquez de moi
Que voulez-vous que Dieu ait en commun
Avec ces profiteurs qui se croient quelqu’un
Mais qui ne savent rien faire de leurs dix doigts.

 

Fils, mon fils, tu déraisonnes, reprends-toi.
Ils ont le sang bleu et méritent notre admiration
Car ils servent de tout cœur leur nation
Pendant que des va nus pieds sur leur sort s’apitoient.

 

Père, mon père, vous égare votre passion.
Quand il coule des plaies que leur inflige le peuple,
Leur sang est rouge et seule leur peur est bleue,
Quand est sanctionné leur manque de compassion.

 

Fils, mon fils, on ne peut toucher un fils de Dieu
Celui qui le fait s’expose à la divine colère
Et pour le moins va passer du temps en enfer
C’est que nous avons des comptes à rendre aux cieux.

 

Père, mon père, si eux qui ont l’ambition au lieu du cœur
Ont places au paradis avec les anges pour larbins,
Le petit peuple passera avant les souverains
Quand il sera contraint de gagner les hauteurs.

 

Fils, mon fils, c’est que ce n’est pas si simple
Quand un vilain trépasse, c’est souvent dans l’ignorance
Et sans l’obole au clergé, son âme entre en errance
Alors qu’un roi a payé pour le ciel son aller simple.

 

Père, mon père, je n’aime guère vos jolis rois,
Peu m’importe qu’ils vivent tant qu’ils m’ignorent.
Quand à la fin je devrai rencontrer la mort,
Si Dieu me cherche, Lui saura où est ma caisse en bois.

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