Les Incas

 

Sous le soleil de plomb, sous le regard des dieux
Ils triment sur la terre ingrate oubliée des cieux.
Mais seuls les vents glacés caressent  les champs
D’où la tristesse des hommes, la douleur des chants.

L’or aux murs des temples n’atténue leur misère.
Malgré les offrandes, les divinités n’ont que faire
De ces pauvres paysans à la peau cuivrée,
Qui récoltent bien moins de blé que d’ivraie.

Scrutant sans fin le ciel à la recherche de signes
Envieux des Dieux ou voulant en être dignes
Ils ont oublié que c’est la terre qui les porte
Et que la lune et le soleil ne sont que l’escorte.

Le son acide de la kena qui vrille les nerfs
Est le reflet du chant des pauvres serfs
La flute de pan en contrepoint plaintif
Est l’essence de leur esprit craintif

Sous le regard austère des sommets
Indifférents à la détresse des opprimés
Les incas aujourd’hui courbent l’échine
Oublieux des fastes d’antan, de leurs racines.

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