Les fils du désert

Dans le silence du soir prient les fils de la terre.
Le tempête enfin s’est tu, le soleil a fuit.
La lune pâle s’en vient, reine de la nuit,
Pour veiller sur ses enfants, les fils du désert.

Montent les fumées blanches dans l’air limpide,
Le froid se fait mordant dessous les étoiles.
Les familles joyeuses réunies sous les toiles
Se resserrent un peu sous le ciel impavide.

Ils mangent, boivent et rient les fils du désert.
Heureux, oubliés des grands de ce monde.
Pour eux, la seule vraie richesse c’est l’onde
Mais s’annoncent bientôt des années de misère.

Un beau  cheval fougueux pour fendre l’air,
Un dromadaire pour porter les lourdes charges,
L’amitié vraie et le sens du partage
Sont les rêves des enfants du sable, fils du désert.

Las vont s’évaporant les songes de mes frères,
Comme l’eau claire des oasis  abandonnées.
Jamais de notre pièce ils ne rendront la monnaie
L’un après l’autre ils s’en vont, les fils du désert.

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