Le temps

Au commencement, il s’écoule
Au goutte à goutte, en secondes
Pendant que nous passons au moule.
En attendant que soit retirée la bonde.

Puis il prend son essor dans l’enfance,
Accélérant sans fin les battements.
Nous en comprenons alors le sens
Percevant aussi son rythme dément.

Nous entrons dans la force de l’âge,
Tandis qu’il se transforme en torrent.
Il nous entraîne alors dans sa rage
Pendant que nous nageons à contre-courant.

Puis, malgré nous, nous mûrissons..
Le torrent se retrouve cataracte,
Et quand nous ressentons le grand frisson,
Même sans l’avoir signé, c’est la fin du pacte.

Ne reste alors de nos poussières qui s’envolent,
Que les actes effectués, en bien ou non
Et nos souvenirs qui gentiment convolent
Pendant notre ascension au panthéon.

Quand le dernier d’entre eux aura cessé
De se souvenir de nous après notre départ.
Alors nous seront morts, corps et pensées,
La camarde ayant enfin touché sa part..

Mais lui, indifférent, s’écoulera sans cesse,
Transformant les enfants en vieillards,
De sa douce et insidieuse caresse,
Se gorgeant de notre jeunesse en pillard.

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