Le temps des émois

Dans les verts pâturages, les riches prairies,
Nous irons nous rouler ma déesse, ma belle,
Car l’amour, de sa voix de stentor, nous appelle.
Il serait impoli de le laisser marri.

Sous les nuées, insouciantes de nos exploits,
Mettons et remettons cent fois et à deux mains
Notre jeu amoureux, poussons jusqu’à demain
Le ballet de mon corps sur le tien qui se ploie.

Il est enfin venu le doux temps des émois,
Sans que nous cherchions vraiment à savoir pourquoi
Cupidon a sorti une flèche du carquois,
Rendant soudain estival cet automnal mois.

Aimons-nous tendrement ma douce, ma muse.
Puis sur le blanc vélin, de ma main emplumée,
Je tracerai à l’encre ma richesse d’aimer
De ces vers luisants qui te troublent et t’amusent.

Allons plus avant vers ces lointains rivages
Où ne règnent les interdits et les tabous.
Aux voiles de nos yeux avançons vent debout
Pour conserver intact cet amour sauvage.

Et quand son triste dû viendra chercher l’âge,
Qu’il nous trouve encore fièrement enlacés,
S’étreignant avec force nos dix doigts glacés,
Nos yeux levés l’affrontant avec courage.

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