La sirène (II)

Quelle est donc cette ombre dressée ?
Elle hante ce petit cimetière marin
En pleurant et en se frottant les mains
Sur le doux tissus de sa robe froissée.

Quel est ce fantôme esseulé qui sanglote ?
Il a la tête baissée vers cette pierre moussue
Qui recouvre, de son poids, le lit peu cossu
D’un pauvre marin, mort dans une gargote.

Elle vient là bravant la pluie et le vent.
Le corps trempé par le ciel et les larmes
Elle griffe la terre de ses ongles parme.
Elle vient se perdre ici bien trop souvent.

Ses longs cheveux d’or brunis mouillés
Elle pleure son amour perdu à jamais
Ce bon et doux marin qui tant l’aimait
Et dont le temps et la mort l’ont dépouillé.

Ses yeux d’émeraudes voilés par la tristesse
Elle contemple parfois le monde des hommes
Puis, sans regret, rejoint la mer, son royaume
Pour atténuer ce mal qui la ronge sans cesse.

Elle nage avec grâce dans la houle traîtresse
S’éloignant pour un temps de ce rivage
Où dort pour toujours dans sa pierreuse cage
Ce marin qui avait une sirène pour maîtresse.
 

 

 

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