Iceberg

Sur l’écrin bleu noir de l’océan, reluit
Une opale blafarde que le moindre rayon
Transforme en adamantine apparition,
Eclairant pour un instant la nuit.

Gemme majestueuse et aveugle,
Qui traverse les flots avec lenteur,
Masse laiteuse sans âme, sans peur,
Indifférente aux sirènes qui meuglent.

Elle poursuit ainsi une longue errance
Bravant, vagues, vents et courants.
Bloc immaculé, fier conquérant,
Ignorant le soleil, suprême arrogance.

Pourtant c’est lui qui, avec patience,
Va éroder le monstre par ses brûlures.
Perdant peu à peu son allure
Il ne sera bientôt que pâles transparences.

Puis, toute à la fin de son voyage,
Ayant perdu enfin toute substance,
Il ne sera plus qu’eaux en abondance.
Ainsi fondit un iceberg sans âge.

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