Faux semblants

Qui se soucie sous le masque  d’aller voir ?
Qui veut regarder, dessous la douce écorce,
A quoi est dû ce sourire qui se force ?
Comment, en le faisant, ne pas se faire avoir ?

Qui affiche ses émotions sans filtre ?
Qui peut se réjouir, bavarder et rire
Sans avoir, au fond de lui, le pire
Qui sait qu’il joue à faire le pitre ?

J’envie ceux qui n’ont, au fond d’eux,
Cette petite voix qui sans cesse susurre
Commente, rabroue parfois, mais toujours assure
Que nous sommes dépendants de ses vœux.

Caméléon de la vie nous sommes au diapason.
Toujours dans le ton, trop souvent à l’aise,
Dans l’art du camouflage nous sommes balèzes,
Sans que nos sentiments puissent faire la liaison.

Ressorts tendus qui jamais ne se relâchent
Nous avançons, arpentant la vie à notre pas.
Insouciants ? Ce qui nous ronge ne se voit pas
Et ce qui pourrait se voir… On le cache.

Eléments anonymes, fondus dans la masse,
Nous attendons, sans toujours bien comprendre,
Ce que les autres peuvent bien attendre
Quand ils ont, mains jointes, les yeux vers l’espace.

Nous nous recueillons dans le silence de nos cœurs,
Cathédrale déserte qu’aucun dieu ne revendique.
Il faut voir, pourtant, à quel point on s’applique
A masquer aux autres notre absence de peur.

Sommes-nous fous ou bien juste différents ?
Un aveugle qui s’imagine un monde de couleurs
Est-il plus sensé que celui qui singe vos humeurs ?
Dans un univers d’émotion nous sommes le juif errant.

 

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