Espoir, bien noir

 

 

Gonflez vos joues et soufflez les enfants,
Non pas pour attiser les brasiers de la haine,
Mais pour en coucher le feu, briser les chaînes
Que la violence tisse au prétexte qu’on se défend.

 

Soufflez votre juste courroux sur nous autres
Qui vous laissons, comme bien triste viatique,
Une planète mourante dans les gaz méphitiques,
Sacrifiée au dieu argent par d’aveugles apôtres.

 

Au nom du progrès, dans notre arrogance technologique,
Nous avons condamné nos enfants au malheur
D’une existence dominée par l’envie, l’or et l’heure,
Leurs rêves argentins dansant sur d’étranges rythmiques.

 

Enfants, soufflez sur nos cœurs pour en ôter la poussière,
Qu’ils nous rappellent que nous sommes des hommes libres.
Donnons une chance à l’amour d’en regonfler les fibres.
Afin que, pour une fois, nous puissions être fiers.

 

Soufflez de toute vos force pour insuffler la vie
A cette terre moribonde qui ne le sait encore.
Ne vous laissez pas leurrer pas l’apparence du décor.
Dans l’ombre, la mort affiche un sourire ravi.

 

Allez… Viens mon aimée, personne ne nous écoute.
Regardons encore une fois notre coin de campagne
Avant qu’un de ces requins ne sabre le champagne
Pour fêter dignement la balafre d’une nouvelle route.

 

Peu à peu ce monde n’est plus le nôtre, ma douce.
Aimons-nous jusqu’au bout, la dernière seconde.
Embrasse-moi pour museler ma cynique faconde
Et que nos cœurs s’arrêtent à l’ultime secousse.
 

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