Père mon père (1)

Père mon père,

 

Père, mon père, que vous a apporté la vie ?

Vous qui, comme un forçat, avez travaillé

Alors que les riches, de vous, se raillaient.

Jamais vous n’avez pu satisfaire vos envies.

 

Fils, mon fils, j’ai eu plus que tu ne le penses

Une femme qui m’a apporté du bonheur

Une existence bien remplie de labeur

De la nourriture assez pour se remplir la panse.

 

Père, mon père, est-ce donc là une vie ?

Vous n’avez jamais eu de belles voitures

Vous ne vous êtes roulé dans la luxure

Dans votre vécu, aucun éclat, juste un lavis.

 

Fils, mon fils, sur moi, comme tu te trompes

Ce que tes yeux trouvent triste et terne

Brille comme un soleil plus qu’une lanterne

Les plaisirs que tu décris peuvent corrompre.

 

Père mon père, ne vois-tu pas que vivre

C’est s’offrir ce qu’on veut sans travail ?

Brûler son présent comme un feu de paille

Pour s’échouer dans son futur en bateau ivre.

 

Fils, mon fils, si j’avais fait ce que tu dis

Serais-tu là pour dévider tes arguties ?

Si j’avais accompli toutes ces idioties

Où serait ce fils adoré qui se croit érudit ?

  

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