Les ombres de la forêt

 

En conclusion de cette journée plaisante

Où j’ai fait cette rencontre câline,

Je rebrousse chemin dans le soleil qui décline.

La forêt soudain me paraît menaçante…

 

Les ombres s’épaississent et s’allongent,

Un lourd silence succède aux gazouillis.

Je distingue des éclats dans les taillis

Qui s’éteignent quand mon regard y plonge.

 

Retentit dans la nuit un ricanement,

Des pas écrasent les feuilles séchées.

Je les entends maintenant s’approcher,

Mon cœur en rate un ou deux battements.

 

Une silhouette d’obscurité glisse

Dans la futaie encombrée et dense.

Si elle m’invite ce n’est pas pour une danse,

De la terreur, je sens venir les prémisses.

 

Bientôt d’autres ombres se rassemblent

Et forment une  farandole étrange.

Ballet démoniaque d’obscurs anges

Tournoyants sous les feuilles des trembles.

 

De noires prunelles me scrutent,

Ma marche se fait course éperdue.

Mais je ne reconnais rien, suis-je perdu ?

Des branches souvent me percutent.

 

Les ombres s’amusent à me voir fuir,

Je saute par-dessus un tronc et trébuche.

Je vais finir pas me ramasser une bûche.

Soudain je vois un éclat de chrome luire.

 

Je suis enfin arrivé à l’orée du bois !

J’allume les phares, aussitôt dans le véhicule.

Je vois là bas les ombres qui reculent,

Ce sont elles maintenant qui sont aux abois.

 

Je ne suis jamais retourné dans cette forêt,

L’aventure m’ayant laissé une drôle d’impression.

Si elle m’apporte aujourd’hui l’inspiration,

Elle m’instille l’effroi, la passion et le regret.

   

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