Enola Gay...

Tôt ce matin Il prend un petit déjeuner léger.
Une mission importante vient de lui être confiée,
Ils veulent réduire ce pays qui les a défié,
Et c’est lui qui va leur servir de messager. 

 

 

 

Quand il arrive sur la piste d’aviation

 

Il voit son équipe déjà en plein travail.

 

Un vérifie les trains, l’autre le gouvernail

 

Un autre astique sur le nez une inscription.

 

 

Lui-même attrape un pot de peinture

 

Et sur la bombe dans son berceau,

 

Inscrit « Little boy » avec le pinceau..

 

Les hélices commencent à brasser l’air pur.

 

 

L’équipage est en place, l’avion roule,

 

Une fois en l’air le cap est enfin dévoilé.

 

C’est vers le Japon honni qu’ils vont voler,

 

Sous eux l’océan doucement se déroule.

 

 

Ils arrivent sur l’objectif, le top est donné.

 

Une trappe s’ouvre, un cylindre tombe.

 

L’avion s’éloigne, du sol se rapproche la bombe.

 

Un éclair, à perte de vue tout est illuminé.

 

 

L’air en brutale surpression devient opaque.

 

Mais ce que personne ne sait, c’est, qu’invisibles,

 

Des radiations prennent les hommes pour cibles,

 

Elles apportent leur ration de vivants aux Parques.

 

 

Des vents inconnus de la terre parcourent les rues.

 

Les véhicules volent, les maisons s’effondrent,

 

Les chairs sur les squelettes se mettent à fondre,

 

Tandis que se met à gonfler cette braise apparue.

 

 

La fleur de feu alimentée par l’atome s’épanouit,

 

Tandis qu’autour d’elle tout n’est qu’incendie.

 

Les flammes balaient tout, palaces et taudis.

 

Toutes vies envolées, le nuage maintenant s’évanouit.

 

 

Dans l’avion qui revient, l’équipage est gai.

 

La mission est bouclée, tout s’est bien passé.

 

Si le pilote avait tout su, aurait-il effacé

 

Sur l’avion, le nom de sa mère « Enola Gay » ?

 

Commentaires (1)

1. Isalou 28/04/2008

Daniel,

Par ce texte magnifique, d'une grande sensibilité, vous évoquez une des pages les plus tragiques de l'Histoire.

"Si le pilote avait tout su ..."

La semaine dernière, un Allemand de 87 ans s'est rendu dans une ville anglaise.
En 1942, avec d'autres pilotes de la Luftwaffe, il avait bombardé cette ville.
Très âgé et malade, rongé par les remords, il voulait demander pardon. Les autorités locales ont demandé l'accord des familles des victimes. Celles-ci ont accepté.

"Si le pilote avait tout su ..."

Lors d'une cérémonie émouvante, il a notamment déclaré "avoir été pris dans la folie de la guerre" ...

Je respecte cet homme pour son humilité et le courage qu'il a eu à venir demander pardon publiquement. Pour la culpabilité endurée pendant des années aussi.
J'admire les familles des victimes pour leur abnégation.

Encore bravo pour l'ensemble de votre site, Daniel.

Bien cordialement,

Isalou

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