Paula - le doigt de Dieu

 Voici, en aperçu, les cinq premiers chapitres de mon roman de science-fiction, 'Paula - Le doigt de Dieu'.

 

 

Chapitre un : L’arrivée

  

            Un cliquetis puis un léger bourdonnement trouèrent le silence. Le froid envahit son corps. Ses premières pensées étaient confuses, décousues. Il faisait noir... Non... Ses paupières étaient fermées. Soudain une légère brûlure au bras, son coeur s’accéléra, il sentit la chaleur l’envahir. Il tremblait, il ouvrit les yeux. Il était environné par une lueur bleutée, il était gelé. Un halo rouge pulsait à sa droite. Ses idées se clarifiant, il prit conscience de ce qu’il était et surtout, où il était, à défaut de savoir ce qu’il lui arrivait. Un bruit rythmique attira soudain son attention. Il était présent depuis le début, mais n’avait pas encore atteint le seuil de sa conscience. Les stridulations, en accord avec la pulsation lumineuse, signifiaient un problème de fonctionnement du caisson. Un problème mineur apparemment puisqu’il était encore vivant.

             Une autre brûlure au bras. Un bruit de torrent à ses oreilles, celui de son sang, poussé par un muscle cardiaque qui retrouvait sa pleine puissance. Les sons devinrent plus clairs, les couleurs plus vives et les formes plus nettes. Devant ses yeux un écran affichait ses constantes vitales ainsi qu’une foule de paramètres dont la signification, pour l’instant, lui échappait. Un tracé ondulant représentait l’activité de son cœur et un autre son activité cérébrale. A priori, il se portait bien et le processus de réchauffement atteignait sa phase finale.

             Ils étaient donc enfin arrivés sur Rebirth 22. Quarante cinq ans d’un long voyage sans rêves dans les caissons cryogéniques, rien de tel pour vous maintenir en forme. Il ressentait les courbatures et les démangeaisons habituelles consécutives au réveil. Maintenant qu’il était en pleine possession de ses moyens, il fallait qu’il montre aux plus jeunes (quoique lui-même ne fusse bien âgé) qu’il n’était pas encore bon pour la casse. Personne ne l’ayant encore contacté, il tapa sur l’écran la touche d’alerte du personnel soignant... Rien ne se passa. Il recommença, sans obtenir plus de résultats. Mince, il allait avoir besoin d’aide tout compte fait…

             Il entra la commande de communication avec la centrale du vaisseau et... Rien non plus ! Enfin, rien, c’était le cas de le dire, puisqu’à première vue, d’après l’autodiagnostic, il n’y avait plus de vaisseau autour du caisson ! Voilà donc la raison de cette alarme, tu parles d’un dysfonctionnement mineur ! Il la désactiva, ce qui lui permit enfin de goûter un silence relatif. Il prit une grande inspiration : comment huit cent douze mille tonnes d’acier, de titane, de plastiques et de chargement divers pouvaient-ils disparaître ? Et les quatre mille colons ? L’équipage ? Les autres spécialistes, comme lui, de terraformage. Était-ce bien Rebirth 22, terme officiel du voyage ?

             Il s’agissait maintenant de rester calme. Voyons un peu, les seuls cas répertoriés où les caissons pouvaient être éjectés, étaient lors de la destruction du vaisseau, lors d’un dysfonctionnement du vaisseau lui-même (ce qui impliquait la décision de six systèmes de protection indépendants) ou sur décision du commandant du vaisseau (mais il fallait l’accord et les codes de ses trois officiers et du chef de l’expédition). Aucun de ces cas ne s’était encore jamais rencontré. Devant quelle option se trouvait-il ? Il fallait envisager la possibilité d’être isolé sur une planète  et celle-ci n’était pas forcément amicale. Le caisson était une cellule (un mot qui résonnait désagréablement à ses oreilles) totalement autonome pouvant assurer une survie quasi illimitée à un cryog et une survie d’un mois à un réveillé. Son statut de véhicule occasionnel de secours lui valait d’être équipé d’un véritable laboratoire d’analyse. Paul sélectionna l’onglet environnement, puis le sous menu analyse et enfin l’option atmosphère. Des cliquetis, bourdonnements et chuintements se firent entendre, confirmant la prise en compte par la machine de l’ordre. Au bout de dix minutes le résultat s’afficha sous forme de graphiques et de pourcentages. Pfft, ce n’était pas Rebirth 22. Les taux d’argon et de carbone ne correspondaient pas du tout. Mais au moins, la bonne nouvelle, c’est que l’air serait respirable et la température ambiante agréable puisqu’elle frôlait les 25°C. Son regard se posa machinalement sur la date au coin gauche de l’écran et son cœur rata deux battements. Si l’affichage était juste et le contraire était peu probable, cela faisait deux cents quatre vingt six ans qu’il avait quitté le spatioport. Pffft, une paille ! Allez ! Il fallait bouger, il ne pouvait pas rester indéfiniment allongé à se poser des questions. Il était temps de trouver des réponses maintenant.

             Il se dessangla et s’extirpa de la couchette. Il ôta la sécurité du système manuel et appuya sur le gros champignon rouge vif d’ouverture du sas. Le panneau coulissa dans un doux soupir mécanique. Il se contorsionna pour passer dans le sas, referma le panneau sur lui et s’équipa de la combinaison de sortie. Il frappa sur le bouton d’ouverture du sas extérieur et l’habituel chuintement d’entrée de l’air extérieur succéda à celui de la récupération du précieux fluide. Il passa la tête au dehors et vit... Pas grand-chose ! Il faisait nuit. Le sol était clair et il ne pouvait distinguer de solution de continuité où que son regard porta. Cela ressemblait à la plus grande plage connue ou un désert sans dunes. Le ciel était d’un bleu outre-mer et il pouvait voir une lune jaunâtre de fort diamètre accompagnée d’une autre plus petite et plutôt rouge sur le bord de l’horizon. Il était par ailleurs piqueté d’innombrables étoiles et on pouvait dénombrer douze galaxies spiralées parfaitement visibles.

             Quelques astres de premières grandeurs rehaussaient l’ensemble et offraient à Paul, sinon la possibilité de savoir où il était, au moins un merveilleux spectacle. Nul nuage ne venait troubler la limpidité de cette nuit. Il faudrait qu’il se méfie, car à l’apparition du ou des soleils, la température extérieure pourrait monter de façon alarmante. L’absence de végétation était plutôt de mauvais augures. Il se baissa et ramassa une poignée du sol étranger et le fit couler entre ses doigts. Il  s’agissait d’un sable blanc et fin, il en avait existé, parait-il, sur l’ancienne Terre, qui en avait fait rêvé plus d’un. Pour sa part il eût préféré un bon sol arable avec beaucoup de végétation. On ne pouvait pas gagner à chaque fois.

             Il commença à s’éloigner de son abri lorsqu’il s’immobilisa soudain en pestant. Il fit demi-tour vers le caisson, il partait sans arme ! Une omission qui était souvent fatale sur un monde un tant soi peu agressif. Son professeur de survie l’enterrerait dans un jardin infesté de fourmis scorpions s’il venait à l’apprendre, quoiqu’il fût sûrement mort à présent. Il ouvrit le coffret inséré dans la paroi du sas et en sortit le pulser ainsi qu’une cellule énergétique de rechange. Il récupéra aussi le projecteur d’épaule et les jumelles de vision nocturne. Il allait ressortir lorsqu’ il se frappa le casque du plat de la main.

- Mais quel con ! Mais quel con je suis !

            Il referma le sas, se dévêtit et regagna en hâte sa couchette. Il sélectionna l’onglet “ Radio ” puis déclencha une séquence de recherche. Youpi !!! Pourquoi n’y avait-il pas pensé avant ? Enfin une bonne nouvelle ! Sur l’écran, se détachant du bruit de fond, apparaissaient les raies caractéristiques des balises de détresses. Il n’était donc pas tout seul? A priori deux autres caissons étaient tombés dans une zone de moins de deux cents kilomètres, portée moyenne des balises. Il possédait même leurs coordonnées, et un était assez près.

             Il tenta de communiquer avec eux, mais seuls des parasites lui répondirent. Peut-être n’étaient-ils pas encore réveillés ou leur radio était hors service (peu probable) ou malheureusement, ils étaient morts. Il ferma les yeux, totalement découragé et eu du mal à les rouvrir. La fatigue consécutive au réveil lui tombait dessus et il était temps de prendre un peu de repos. De toute façon, il n’était pas raisonnable de commencer une exploration de nuit sur un monde inconnu. Il régla donc l’alarme pour un déclenchement six heures plus tard. La nuit ne pouvait être éternelle puisqu’il ne faisait pas froid dehors, malin non ?

  

  

 

Commentaires (1)

1. Keep-in-secret 27/07/2006

Je passe et laisse un petit mot, car je sais que c'est toujours plaisant de savoir que quelqu'un aime ce que l'on fait.
Pour ma part j'ai toujours été attirée par les styles fantasy et science fiction. Ce début de roman m'a bien plut et peut etre lirais je la suite. Mais attendons d'abord la fin des vacances!^^
Bref tout ca pour dire bravo, car l'ecriture d'un roman ne doit pas etre facile. Et ensuite merci car j'ai passé un bon moment, et j'espere pouvoir continuer ma lecture, un jour, sur un livre complet
Flo'

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site