Naufrage

Goutte à goutte la vie me fuit, c’est la fin.
Elle s’écoule lentement de ma plaie béante.
Je sens mes fluides qui prennent  la tangente,
Ils se répandent vers les plages de sable fin.

Autour de moi la furie de la mer s’apaise.
Ne reste de sa colère qu’un lac placide
Dont le vent balaie les relents acides.
Les oiseaux ne volent plus, ils se taisent.

En ce triste jour je sens que je me vide.
Un capitaine ivre m’a jeté sur un rocher.
Un petit bout de terre où je me suis embroché
Répandant ce pétrole dont les hommes sont avides.

Sur les grèves engluées où tout se meurt,
Mon sang épais recouvre d’un noir manteau
La vie qui y était florissante un peu plus tôt
Et dont s’éteint peu à peu la douce rumeur.

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