L'orchidée et le chêne

L'orchidée et le chêne

Une petite orchidée vivait auprès d'un chêne.
Elle s'était toute rabougrie sous son ombre
Et l'avenir lui apparaissait bien sombre,
Alors que l'arbre, lui, n'éprouvait nulle gêne.

Jamais personne à la fleur ne prêtait attention,
Tandis qu'afin que tous en compliments s'épanchent,
Même les jours sans vent, l'arbre agitait ses branches
Semblant mener parade pour faire sensation.

Son manège incessant en vint à faire fuir les oiseaux
Et aucun animal n'approchait plus du fût,
Tant les feuilles en bruissant faisaient de raffut.
Tous préféraient migrer vers l'étendue de roseaux.

L'arbre clamait au monde, dans son langage,
Qu'il était le plus beau, orgueilleux fanfaron.
Une troupe d'humains, de joyeux bucherons,
Fut attirée ainsi par tout ce remue-ménage.

Usant de coins et maniant la cognée avec ardeur,
La pléthore eut tôt fait de débiter le prétentieux.
Plus jamais les branches ne grifferaient les cieux,
N'en restait plus qu'un peu de sciure et de sueur.

Quant à l'orchidée, elle retrouva ses couleurs,
arborant enfin de larges feuilles émeraudes.
Ses pétales colorés comme gitanes en maraude,
Elle les offre aux caresses des vents cajoleurs.

Combien y en a-t-il ainsi qui s'étiolent
aux bras d'un faux seigneur, d'un matamore ?
Devant la foule, il se pavane et pérore,
tandis que l'autre s'étouffe dans sa camisole.

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